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Quand la joie devient un remède · La Taranta

  • il y a 23 heures
  • 3 min de lecture

La taranta est une araignée des campagnes du sud de l’Italie dont la morsure aurait provoqué des crises que l’on soignait autrefois par la musique, la danse et le chant. La joie faisait alors partie du “remède”.

C’est ce rituel qui est au centre du nouveau spectacle d’En Cie du Sud. À travers des récits, des recherches et des moments chantés, Martine De Michele y retrace l’histoire de la taranta, ses origines et ses évolutions.

Le spectacle montre surtout que ce rituel servait aussi à créer du lien entre les personnes et à renforcer le collectif.

 

 

À l’occasion de l’accueil du spectacle le 04.06.2026, Central vous propose de découvrir les réponses données par En Cie du Sud, avec Martine De Michele et Camille Paulus lors d'un après-spectacle au Festival de Liège 2025. Les artistes y reviennent sur leur démarche, leurs recherches et la création du spectacle. Un échange pour mieux comprendre la pièce et ce qui la traverse.



QU’EST-CE QUI VOUS A AMENÉES À TRAVAILLER SUR LA TARENTELLE ET COMMENT LE PROCESSUS S’EST CONSTRUIT ?

Nous avons découvert la tarentelle de manière assez fortuite, à travers des références incomplètes mais suffisamment intrigantes pour ouvrir une recherche. En approfondissant, nous avons compris qu’il ne s’agissait pas d’un simple imaginaire folklorique, mais d’une pratique complexe liée à des rituels anciens du royaume de Naples.

Le projet s’est construit progressivement à partir d’un vaste travail de lectures, où chaque source en appelait une autre. Cette exploration, d’abord individuelle, est devenue collective avec le temps, jusqu’à faire émerger naturellement l’idée du spectacle.

 

POURQUOI LE CHANT ET LA DIMENSION COLLECTIVE SONT-ILS DEVENUS CENTRAUX ?

Dans la tarentelle, le chant fait partie intégrante du rituel au même titre que la danse, avec une dimension de soin. Cette place de la voix a résonné avec notre propre travail, centré sur la vocalité, et les chants ont été progressivement collectés, transformés et intégrés à la matière du spectacle.

Ce travail s’est aussi nourri d’une réflexion sur le collectif : dans ces rituels, le lien se crée de manière spontanée, presque évidente. Nous avons voulu retrouver cette dynamique de partage et de circulation, où l’action commune prime sur l’organisation formelle.


QUEL ÉTAIT L’ENJEU DU SPECTACLE ET COMMENT AVEZ-VOUS TRAVAILLÉ CONCRÈTEMENT ?

L’enjeu était de montrer un processus de recherche en mouvement plutôt qu’un résultat figé. Le spectacle suit ainsi un chemin d’exploration, fait de détours, de découvertes successives et de questionnements qui s’enchaînent.

Ce travail s’est construit dans la durée, à travers une immersion très intensive dans les textes et les sources, avec des lectures quotidiennes pendant plusieurs années. C’est cette régularité qui a permis d’approfondir la matière et de la transformer progressivement en forme scénique.


 

COMMENT LE TRAVAIL AUTOUR DU CHŒUR A-T-IL ÉVOLUÉ ?

Au départ, les ateliers chant étaient pensés avec une logique de restitution, mais beaucoup de participants hésitaient à chanter devant un public. Nous avons donc déplacé l’enjeu vers le partage plutôt que la performance.

En retirant l’obligation de chanter sur scène, nous avons créé un cadre plus libre. Paradoxalement, cela a permis à tous les participants de chanter, révélant la puissance du collectif lorsqu’il n’est pas contraint.

 

QUEL RAPPORT AU VIVANT ET À L’IMPRÉVU CE TRAVAIL ENGENDRE-T-IL ?

Cette approche transforme profondément le travail scénique : le spectacle intègre l’imprévu, qu’il s’agisse de réactions du public ou d’éléments extérieurs. Le vivant devient une composante assumée de la forme.

 

Y A-T-IL UNE DIMENSION DE RÉSISTANCE DANS VOTRE SPECTACLE ?

Oui, mais elle se construit à travers la joie plutôt que la gravité. Il s’agit d’une résistance qui passe par l’énergie, le partage et la vitalité, plutôt que par une posture frontale.

 

COMMENT ABORDEZ-VOUS LES THÈMES ENGAGÉS ET LA NOTION DE “COMMUN” ?

Nous évoquons notamment des luttes oubliées, en particulier féminines, sans les figer dans le passé. L’idée est de voir comment elles résonnent encore aujourd’hui et ce qu’elles peuvent continuer à produire.

Plus largement, le spectacle interroge la notion de commun : quelque chose de fondamental mais souvent effacé dans nos sociétés. Il s’agit simplement de le remettre en expérience, à travers le fait de faire ensemble.

 

QU’EST-CE QUE LE SPECTACLE CHERCHE À FAIRE ÉMERGER ?

Il invite à une attention à l’autre, à une forme de disponibilité et de bienveillance. Ce sont des gestes discrets, mais essentiels, qui traversent l’ensemble du travail.




La Taranta Heureux sans héros · En Cie du Sud

04.06 à 20:00 au Théâtre de La Louvière 

 
 
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