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Complexes : le cabaret punk qui dynamite le patriarcat 

  • vincentdierickx
  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture

Voyage radical au cœur de la condition féminine 


Avec un mélange explosif de pole dance acrobatique, de chants possédés et d’humour noir, Complexes secoue la scène comme un uppercut : un spectacle féministe, cru et cathartique, où la colère, le désir et les traumas s’entrechoquent dans un tourbillon viscéral. 


Au cœur de l’histoire, Sandrine, pole danseuse qui aspire à être actrice. Un soir, quelque chose déraille. Alors qu'elle se prépare à abandonner définitivement le navire, trois créatures entièrement vêtues de rouge surgissent dans sa nuit. Rêve, délire ou revenant·es intérieur·es ? Elles l’entraînent dans un parcours labyrinthique mêlant ses souvenirs de jeunesse, ses fantasmes secrets, ses peurs profondes mais aussi ses désirs dévorants. L'exploration se transforme rapidement en un cauchemar qui s’avère presque libérateur. 

Pour son premier spectacle, Amélia Colonnello frappe fort et bien. […] – La Libre, S. Bocart. 

Le spectacle met en lumière la violence discrète mais bien réelle des injonctions imposées aux femmes : être désirables, fortes, prudentes, silencieuses, parfaites. Ces diktats vont jusqu’à pousser certaines à recourir à la chirurgie ou à développer des troubles alimentaires, et s’inscrivent dans un continuum qui va du sexisme ordinaire au féminicide. 


Avec humour et sincérité, le spectacle questionne la complexité de la condition féminine : peut-on être féministe et "féminine" ? Prôner l’égalité tout en aimant se raser ou porter des talons ? Être pole danseuse la nuit et super maman le jour ? Les femmes pourront-elles un jour jouir de leur corps sans subir de pression ? 



Les injonctions sont sans fin et empêchent de simplement être, faire, dire ou penser sans déplaire. Complexes évoque nos doutes, nos hontes sans le moindre complexe et explore ce que signifie être une femme décomplexée dans notre société, révélant avec force ce que beaucoup vivent sans toujours pouvoir l’exprimer. 


L’esthétique excessive 


L’écriture de la pièce est libre, rythmée et volontairement excessive. Inspirée du théâtre de l’absurde, elle traite le langage comme une matière vivante : mots qui frappent, trébuchent, se répètent ou résistent à être dits. Le texte fonctionne comme une partition musicale où le rythme, la sonorité et les ruptures prennent le pas sur la narration classique, ouvrant un espace à l’humour noir, à l’absurde et à une parole brute, libératrice. 


La scénographie emprunte les codes d’un cabaret contemporain mêlant danse, chant et poésie grinçante. Le rouge, omniprésent, structure l’espace et les lumières : sensuel, violent, sanglant. La barre de pole devient un point d’ancrage fragile, tandis que le maquillage et les costumes, volontairement excessifs, poussent les clichés de la féminité jusqu’à l’absurde pour mieux les déconstruire. 



Amélia Colonnello interprète Sandrine : rêve d’actrice, réalité de pole danseuse. Fragile, complexe, en équilibre sur le point de rompre. Un soir, son existence vacille. 


Louison De Leu joue Madame Sexe : vorace, excessive, obsédée par le désir des autres. Elle est ce qu'on a appris aux femmes à être : des individus qui aiment malgré la douleur, qui pardonnent par crainte de la solitude. Confondre passion et annihilation. Elle sait stimuler, pas atteindre le plaisir. Elle sait séduire, pas découvrir. 

Un cabaret habité par quatre figures intimes

Alice Borgers interprète Madame R : paniquer à la simple mention d'un mot commençant par "R". Elle incarne la peur dans sa forme la plus authentique, la survie à l'état pur, la voix qui refuse, qui veut tout maîtriser pour éviter de revivre l'angoisse. Cependant, en restant silencieuse, elle entrave la possibilité pour Sandrine de s'exprimer et d'affronter la réalité. 


Adrien De Biasi joue Madame Monsieur : grande gueule assumée. Brillante, sûre d’elle, presque caricaturale. 

Madame Monsieur représente la part de Sandrine éprouvée par les hommes qu'elle a rencontrés et qui ont profité de leurs prérogatives masculines. Elle refait ses cauchemars pour examiner et comprendre ce qui s'est produit, et dans quel type de société elle s'est construite. 



Photos : Leslie Artamonow 


Complexes · Amelia Colonnello 

22.01 à 20:00 au Théâtre de La Louvière 


 
 
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